Cérémonie commémorative du 11 novembre au monument aux Morts.

Première Guerre mondiale : l’identité retrouvée de Ferdinand Guers, un poilu.

Plus que ce coteau de la Marne, Maryse Berger remonte le fil de son histoire à la source d’une énigme familiale de plus d’un siècle. Avec son mari, elle découvre l’endroit où est tombé son grand-père, au lieu-dit La Main de Massiges. 25 septembre 1915, seconde bataille de Champagne, calvaire de l’armée française : 23 000 morts dans la journée la plus sanglante de la Première Guerre mondiale.

Parmi eux, Ferdinand Guers, 35 ans, tailleur, venu de Montpellier. Il ne sera jamais retrouvé. De précieux détails ont été donnés dans les lettres d’un compagnon de régiment, peu après l’assaut. Ferdinand a été touché au front et portait sur lui trois pièces d’or.

Deuxième signe du destin, en 2019, une pelleteuse fait apparaître une partie de squelette, un casque percé au niveau du front, mais pas de plaque d’identité. En juin 2020, troisième miracle, Emmanuel Bujon, passionné par les hommes et l’histoire du lieu, inspecte une énième fois le site après un gros orage.

Et là, il trouve deux des trois Louis d’or et plaque. L’association de La Main de Massiges, des passeurs de mémoire, toujours à arpenter prudemment le terrain, à protéger les traces des combats. Grâce à cet engagement, toute la famille a pu faire le déplacement depuis Alès, dans le Gard. Dans la nécropole nationale du Pont-de-Marson, préfet, autorité militaire, anciens combattants se recueillent face au casque transpercé, avant la lecture de la dernière lettre de Ferdinand Guers par son arrière arrière petite fille Solène Gazel, jeune habitante de la commune de Bagard.

Plus de 23 000 poilus reposent ici souvent dans des ossuaires anonymes. C’est le dernier hasard inespéré de cette quête, il y a trois ans, la dépouille du soldat Guers n’a pas été mélangée aux autres, mais placée dans une tombe individuelle. Elle peut désormais, très officiellement, être identifiée. (source TF1.fr )